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11.29.2013

Théorie littéraire & Cie

Voilà un résumé des théories littéraires vues en cours (puis il y a d'autres trucs, genre des définitions, ...)

THEORIE LITTERAIRE & DEFINITIONS:

Ÿ Roman hybride = plusieurs registres (farce, tragédie, …)
ŸRoman polyphonique = plusieurs narrateurs (dans l’héritage de Don Quichotte, Miguel de Cervantes, 1605-1615)

Ÿ Roman précieux = à la mode dans salons littéraires classiques : cherche à s’éloigner d’un langage « trivial »
Ÿ Roman d’analyse = s’intéresse et rend compte des sentiments des personnages


Ÿ Jansénisme : courant religieux incarnant la rigueur ; s’opposent aux catholiques sur la question de la prédestination et de la grâce (incarnation du jansénisme : Mme de Clèves, qui renonce à la passion)


Ÿ Types de discours :
-          DD = il disait « je passe une bonne journée »
-          DI = il disait qu’il passait une bonne journée
-          DIL = il passait une bonne journée (donne presque accès à la conscience du perso.)
-          D narrativisé = paroles rapportées et résumées par le narrateur


Ÿ Burlesque (registre) : parler en termes bas de choses hautes [≠ Héroï-comique]
-          mode des salons cultivés : jeu culturel de la classe intellectuelle
-          art du contrepoint : agit en référence à un genre majeur = mal vu des salons littéraires les plus classiques
-          « consiste à provoquer le rire en défigurant le monde par la rencontre hétéroclite et surprenante de mots et de choses discordantes (…) : le comique peint les mœurs, le burlesque les peint sans trop croire à la vérité de sa peinture » (Claudine Nédélec, Etats et empires du burlesque, 2000
-          art iconoclaste : brise tout ce qui est établi (+ recherche de légitimité sans se conformer à la littérature dominante)


Ÿ Camus, L’Homme révolté, 1951 :
-          fonction émancipatrice du roman par rapport à la condition de l’homme
-          roman donne du sens au réel ; nous fait expérimenter notre condition = fonction désaliénante


Ÿ Diégèse : Aristote, dans La Poétique : deux modèles narratifs (diégesis ≠ mimésis)
-          mimésis : histoire semble se raconter d’elle-même au moyen d’acteurs qui parlent au style direct
-          diégesis : histoire racontée par l’intermédiaire d’un narrateur (« univers diégétique ») : développé par Gérard Genette
                        → intradiégétique : narrateur a un rôle dans le récit ≠ extradiégétique : ne joue pas de rôle dans le récit
                        → homodiégétique : raconte sa propre histoire ≠ hétérodiégétique : ne raconte pas son histoire

Ÿ Narrateur ≠ narrataire (= lecteur fictif auquel s’adresse implicitement ou non le narrateur)
                        Ä Umberto Eco, Lector in fabula : lecteur modèle = narrataire imaginé par l’auteur


Ÿ Anthropologue : cherche à faire apparaître les invariants (ex : éléments qui existent dans toute société humaine, qque soit le lieu et le moment)
Þ même principe pour théoricien littéraire

Ÿ Thomas Pavel : roman = rapport entre un individu, une norme et le monde
→ hypothèse = évolution des rapports : constante coexistence idéalisme & réalisme (réalisme à prendre au sens d’ « illusion référentielle » // Roland Barthes)
            I/ La transcendance de la norme → idéalisme (récit de chevalerie, roman pastoral) ≠ réalisme (roman picaresque)
            II/ L’enchantement de l’intériorité → idéalisme (intériorisation de l’idéal) ≠ réalisme (roman gothique, sentimental)
            III/ La naturalisation de l’idéal → idéalisme (exotisme, idéalisme féministe) ≠ réalisme (écoles : ironie, amertume)
            IV/ L’art du détachement → se détacher des normes


Vincent Jouve : L’Effet-personnage, 1992
-          50’s : Nouveau roman = crise du perso : refuse l’idée d’une étude psychologique (s’ils n’existent pas, comment étudier leur psy ?)
-          Quand lecteur lis le roman, il le fait par le biais des perso = il faut traiter le perso du point de vue des effets sur le lecteur
-          Théorie de la réception (Ecole de Constance : Jauss & Iser) : prise en compte de l’existence du lecteur dans la constitution du sens de l’œuvre

Ÿ Montre qu’il existe trois modalités de lecture dans le roman :
-          le lectant : c’est quand le lecteur accepte le jeu que propose le romancier (devient un interprète)
-          le lisant : c’est quand le lecteur retrouve son plaisir d’enfant, il a l’illusion que le perso est une personne
-          le lu : lecture du roman comme une aventure intérieure du lecteur (voyeur, transgresseur des interdits)

Ÿ Dans l’étude du perso comme pers : met en valeur les stratégies du romancier : techniques qui permettent sympathie
-          code narratif : manière dont le texte est raconté
-          code affectif : manière dont le texte s’adresse à la psycho du lecteur
-          code culturel : manière dont le texte s’adresse aux valeurs du lecteur

Ÿ « Identification narratoriale » = stratégie qui permet l’identification immédiate du lecteur au narrateur

Ÿ Notion de « personnages-embrayeurs » : marques de la présence en texte de l’auteur


Marthe Robert Roman des origines, origine du roman
→ deux catégories : ceux qui travaillent sur l’illusion référentielle et ceux qui s’en détachent le plus possible


Philippe Forest : confrontation du sujet et du réel va de pair avec un renouvellement constant du genre : technique romanesque rend compte des métamorphoses du réel pour que lecteur s’adapte au réel


Michel Butor, Essais sur le roman, 1955
-          constatation : monde connaît des métamorphoses
-          pose la question de la mise en forme de la matière romanesque = remise en cause du réalisme en tant que mvt littéraire
-          position d’attaque pour défendre son œuvre (caractéristique du nouveau roman)
→ fonct° du roman : mise en question des représentations du monde + fonct° démystificatrice
Þ oppose : réalisme (mvt littéraire : intrigue + illusion référentielle + temporalité + psycho)
et nouveaux romanciers (« réalisme + poussé » : rapport entre un sujet et son réel)


Ÿ Le Nouveau roman :
-          Jean Ricardou, théoricien : ce qui intéresse les auteurs, ce n’est pas « l’écriture d’une aventure », mais « l’aventure d’une écriture »
-          Crise du personnage : refus de l’étude psychologique
-          Remise en cause de l’héritage réaliste du XIXème (réalisme repose sur intrigue + illusion référentielle + temporalité + psycho)
-          Publiés par Editions de Minuit (de Jérôme Lindon)


Ÿ Julien Gracq, En lisant en écrivant, 1980
-          Comment romanciers font-ils entrer la réalité dans le roman ?
                        → Balzac : « réseau hyperbolique de relations matérielles » = hyperréalisme
                        → Stendhal : réalité sociale « traitée sur le pur mode des contes de fées »
-          Styles différents :
                        → Balzac : caricaturiste (il suffit de qques traits pour donner à voir : repose sur la capacité à interpréter, l’herméneutique) ; quasi-journalisme : « caisse de  résonnance de la vie parisienne »
                        → Stendhal : monde n’est pas une réalité : « fonde une seconde patrie », une « époque-pays » = « J’entre en Stendhalie »
-          Différence de qualité attribuée au statut :
                        → Balzac : « les yeux sur son échéancier »
                        → Flaubert : « bien renté »
                        Þ Balzac n’est pas condamné, car intérêt repose dans la masse : les liens entre ses romans comblent le manque de ‘qualité’
-          Place des narrateurs :
                        → Balzac : « de l’autre côté du cadre », « héros surnuméraire voué au commentaire » = perso-embrayeur
                        → Stendhal : narrateur mobile, « jamais dans Le Rouge et le noir »

                        Þ conséquence : il y a un monde chez Balzac, il y a le monde de Stendhal