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11.23.2013

Notes sur La France au XIXeme

Mix des fiches de début d'années sur La France au XIXème par Julien et moi-même.

I: Les débuts du parlementarisme (1815-1848)

A. La Restauration (1815-1830)
S'étend de la défaite de Waterloo (18juin1815) à la Révolution du 26 juillet 1830.
En 1815, la France a gagné la guerre mais est perdante au Congrès de Vienne qui va redessiner l'Europe + Affaiblissement par la succession de guerres (>1 million de morts).
Louis XVIII arrive et se pose en roi pacifique, succèdant à Napoléon.

1. Régime et classe politique:
- Charte garantissant les principaux acquis de la Révolution; il y a la volonté de concilier deux univers juridiques et symboliques inconciliables (cf religion)
--> Régime partiellement constitutionnel, on parle de "divine providence" et les lois sont à l'initiative du roi.
- Le cens est très cher, seul 1% de la pop en potentiel de votants et seulement 14 000 éligibles sur 30millions d'habs (en 1828).
- 58% de la Chambre vient de l'ancienne noblesse
C'est en qq sorte une marche vers l'Ancien Régime.


2. Chronologie politique de la Restauration:
- Terreur Blanche s'installe dès 1815 (ex: peine de mort pour la détention de drapeaux tricolores)
- 1816-20: gvnmt aux mains de royalistes modérés: pol de reconstruction, application rigoureuse de la Charte et lois libérales.
- 1820-27: mesures limitatives des libertés publiques.
"le poignard qui a tué le duc de Berry est une idée libérale" Châteaubriand. --> Oppositions anticléricales, clandestines violentes et aussi légales (cf Châteaubriand)
- 1828-aout1829: Concessions aux libéraux qui gagnent du terrain.
- Année 1829-30: Politique de réaction aristocratique, tensions qui montent, le conflit éclate le 26 juillet 1830.
- Les 3 Glorieuses: 27,28,29 Juillet: réponse aux ordonnances de Charles X --> émeutes puis Révolution de juillet. Les Républicains dominent la street (La Fayette) et Charles X fuit en Angleterre.
Ce ne fut pas un retour complet à l'Ancien Régime car les grands acquis de la Révolution ont perduré.

B. La monarchie de Juillet (1830-1848):
1. Louis-Philippe, roi des Français
- Louis Philippe arrive au pouvoir le 9aout1830, et la Charte est révisée. Ce n'est qu'un monarque second par rapport à son peuple et un héritier de la Revolution.
- Nveau concept de séparation des pouvoirs (le Roi et la Chambre partage la conception des lois)
- C'est l'apogée du parlementarisme censitaire
--> Mais pb de légitimité de Louis Philippe, d'ailleurs 40% des députés fuient leurs sièges en guise de protestation.

2. Les oppositions:
- Affrontement des partis: Parti du Mouvement (pense que la rev est une promesse, un espoir) vs Parti de la Resistance (qui va régner sans discontinuer)
- Soulèvements populaires: violences anticléricales, peur sociale (choléra), antimonarchisme (attentat Fieschi)
"Le roi règne mais ne gouverne plus"

3. Le ministère Guizot (1840-48):
- bourgeois protestant et prof d'hist-géo à la Sorbonne mène une politique de complaisance vis à vis des empires centraux.

4. La révolution de février 1848:
- Triple crise: maladie de la pomme de terre, crise de l'industrie et crise financière.
--> Campagne de banquets vs Guizot (47-48)
--> Fusillade du bld des Capucines
- Louis Philippe abdique, fin de la monarchie censitaire.



C. Bilan politique de la monarchie censitaire:
1. Enracinement du parlementarisme:
-1830-48: enracinement du système représentatif --> les Assemblées votent lois et budgets etc.
- Eclosion de l'embryon de l'opinion publique grâce aux journaux notamment, ce qui permet un élargissement du public et donc l'étendue du parlementarisme

2. Le légitimisme:
- Issu de la pensée contre révolutionnaire: motif de regénération, la Revolution comme un mal absolu ("le plus haut degré de corruption connu" J. De Maistre)
- Croyance en un ordre naturel du monde, qui impose un certain respect (un peu comme le stoicisme)
- ¨Pensée organiciste: réseau de solidarité auquel il est absurde de s'opposer seul (famille, noblesse)

3. L'orléanisme:
- fondé sur philosophie politique du libéralisme ("l'orléanisme, ce n'est pas un parti, c'est un état d'esprit" Thibaudet). Cet état d'esprit est un empirisme individualiste, issu des Lumières. --> intellectualisme, relativisme, anitcléricalisme etc.
- C'est l'esprit parlementaire par excellence.
- Méfiance face à la démocratie (= égalité pour eux, or liberté et égalité sont antinomiques selon leur conception)

4. La Réémergence de 2 utopies:
_ LE REPUBLICANISME: "L'Eglise des catacombes avec ses humbles croyants et ses martyrs qui souffrent pour elle"
- Son nom est tabou dès la Restauration. Groupe très minoritaire mais actif et soudé
-Soif d'égalité et de justice, haute conscience de la dignité de l'homme et du citoyen, indignation face au despotisme.
- Sa définition évolue s'enrichit et passe "d'un régime politique sans monarque" puis sens social "régime qui s'efforce d'améliorer le sort du plus grand nombre".

_ LE SOCIALISME: terme forgé par P. Leroux au début de la monarchie de juillet par opp à individualisme. Pour Saint-Simon la valeur des individus réside dans leur utilité sociale et le monde peut être amélioré par la reflexion et la technique. En gros, c'est l'échelon au dessus au niveau social par rapp au républicanisme.                  
+ Le communisme: mise en commun de la propriété et des moyens de production (cf Blanqui). Sectarisme et anticléricalisme.

+ L. Blanc et Proudhon inclassables.


IV/ LA RÉPUBLIQUE HÉSITANTE (1848-1879)
A. La Seconde République (1848-1851)

Ÿ 24 février 1848 : confusion générale ; députés les plus à gauche proclament la Rép. → gvt provisoire (compromis entre deux tendances républicaines : libéraux non socialistes & démocrates plus ou moins socialistes)
→ mesures symboliques : suffrage universel, abolition de l’esclavage aux colonies (rétabli en 1802 par Bonaparte après abolit° de 1794), peine de mort abrogée en matière politique, « fraternité » entre ds la devise, guerre de conquête proscrite, …
→ mesures économiques : ä impôts directs, ouverture d’ateliers nationaux (pour æ chômage), créat° d’une « Commission du gouvernement pour les travailleurs », fixat° d’une durée maximale d’une journée de travail
Þ enthousiasme général (en témoignent les pages de Flaubert : attestent une libérat° de la parole, une atmosphère de fraternisat°, …)

Ÿ Gauche veut retarder les élect° (car province plutôt conservatrice) → élect° du 23 avril donnent une majorité aux modérés
→ extrême-gauche appel à manifester, provocateurs envahissent l’Assemblée (15 mai)
→ meneurs (Blanqui, Barbès, Raspail, Albert) arrêtés
Þ Assemblée (majorité provinciale) décide la fermeture des ateliers nationaux (travailleurs : armée ou province)
→ soulèvement populaire (« Journées de Juin » du 23 au 25) : barricades ds Paris (Est)
→ répression militaire : 1000s U, 25000 arrestat°

Ÿ Créat° du « Parti de l’Ordre » (rassemblement des droites, des conservateurs contre despotisme, jacobinisme, communisme)
→ Constitut° de 1848 : répartit° des pouvoirs ≠ ne définit pas les liens psdt/assemblée
Þ 10 déc 48 : élect° → triomphe de Louis-Napoléon Bonaparte (75% des voix)
Þ 13 mai 49 : législatives → radicalisat° (vers droite) (ä « peur sociale »)

Ÿ ä conflits Psdt/Assemblée (Psdt prd des décisions, abuse de ses pouvoirs)
Þ s’il veut rester au pouvoir après 1852, il faut le faire par la force
→ Coup d’Etat le 2 déc 1851
→ Arrestat° des « chefs de barricades » + créat° d’un Comité de Résistance (≠ souvenirs des journées de juin : hésitat°) → bourgeoisie résiste ≠ coups de feu Þ coup d’Etat réussi à Paris
≠ résistance en province mal organisée, mal équipée Þ coup d’Etat réussi

Ÿ Mise en place de la dictature (coup d’Etat : gauche → droite) : répression, terreur, … (coup d’Etat justifié comme barrière à une révolut° Xtrême-gauchiste)

Þ Cristallisat° du bonapartisme : oscille entre droite et gauche, gloire liée au souvenir de l’oncle (grandeur administrative, diplomatique et militaire)

Þ L’union des droites : diabolise tout ce qui n’est pas notable, forge le mythe des « partageux » et du « spectre rouge »

Þ L’idée républicaine se précise : politique > économie ; créat° d’une opinion démocratique



B. Le Second Empire (1852-1870)

1. L’Empire autoritaire (1852-1860) :

2 décembre 1851 : Appel au peuple : contient les grdes lignes des aspirations du prince-prsdt
→ 22 déc. = plébiscite : donne « les pouvoirs nécessaires pour établir une constitution »
Þ Janvier 1852 : nvlle constitut° par commission de 5 membres
→ Nov. 1852 : sénatus-consulte rétablit dignité impériale (Louis-Napoléon devient Nap. III)
→ autre plébiscite ratifie cette restauration (date symbolique du 2 décembre)
Þ renforcement du pouvoir exécutif (æ pv législatif)

Ÿ Suspension des libertés publiques ; répressions violentes ; retour de l’arbitraire (→ loi de sûreté générale de 1858 : si condamnée depuis 1848, pt être déporté sans procès) ; fin de la liberté de réunion ; fin de la liberté de la presse ; contrôle de l’enseignement
≠ pt positif : découpage administratif (circonscriptions revues par ministère de l’Intérieur à chaque élection)

Ÿ Napoléon III : aime le pouvoir et l’argent ; pas très intelligent (se méfie des gens d’esprit) ; s’intéresse au progrès technique ; souhaite venir en aide aux malheureux ; prend des avis ds ttes les familles de pensée
(Reste de la famille : avis divergents et contradictoires)
(Ministres : technocrates : ne se préoccupent des pb que sous leur aspect technique)

Ÿ « Tournant de 1852 » : conjoncture économique favorable → investissements, créat° de banques, …

Ÿ Politique étrangère : hostile à tte guerre de conquête (« L’Empire, c’est la paix »), mais révision de certains traités

2/ Le tournant de 1859-1860 et l’Empire libéral :

Ÿ L’opposition des notables catholiques et des milieux d’affaires :
- nationaliste italien Orsini : attentat contre couple impérial en 1858 → Nap3, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, soutient la Savoie contre l’Autriche ≠ perd le soutient du pape et des cathos
- Nap3 est libre-échangiste → accord préparé en secret en 1860 → milieux d’affaires estiment qu’il s’agit d’un « coup d’Etat douanier », car porte atteinte aux intérêts français
- Autres changements : Nap3 rêve d’un grd « royaume arabe » + Imagine une intervent° ds guerre civile mexicaine Þ échecs

Ÿ Libéralisat° du régime : mesures pour rétablir libertés, … ≠ autorité continue
→ ä mécontentement (élections de 1863 : opposition multiplie score x3)
→ intervention ds domaine social, mais ä hostilité
Þ climat délétère : opposants profitent des libertés, ä conflits, ä journalisme républicain, …
Þ attitude de fermeté en même tps que solut° parlementaire : sénatus-consulte  du 20 avril 1870 → ministres responsables dvt Empereur et Corps Législatif

Ÿ Gvt d’Emile Ollivier : conservateur, protectionniste → répressions contre ouvriers Þ ä agitat° républicaine, mais divis° des républicains



C. La guerre franco- prussienne et la Commune:
1. La défaite (juillet1870-mai1871)
Tensions entre France et Prusse pour le trône d'Espagne, accord partiel avec Prusse qui est senti comme un affront par Bismarck qui excite le nationalisme, il veut la guerre. 19juillet1870 guerre déclarée: un désastre (isolement diplomatique, infériorité miliataire, logistique et de commandement; défaite à Sedan 1Septembre.
Révolution à Paris le 4 Septembre: proclamation de la République: échec social de NapoléonIII, condamnation du second Empire, problème de légitimité du gouvernement provisoire.
Le 19Septembre siège de Paris, puis Gambetta appelle aux armes, armistice électoral le 28 Janvier 1871.
Conclusion de la paix, Thiers chef du pouvoir exécutif. Pertes de l'Alsace et de la Lorraine, coût financier, isolement extrême (cf Traité de Francfort 10mai1871)

2. La Commune (18 mars - 28 mai 1871)

Guerre civile entrainée par la riche sédimentation des mouvements révolutionnaires parisiens, épuisement de la pop parisienne suite au siège de Paris (chats et rats comme plats), suppression de la solde des gardes nationaux.
Divergences politiques entre Assemblée et la garde nationale. Décisions timides, les Versaillais constituent l'armée de Satory commandée par Mac Mahon.
Le 26 mars les élections parisiennes créent la Commune. La minorité d'inspi proudhonienne, fédéraliste, anarchisante, plus pacifiste et internationnaliste s'impose: oeuvre fort limitée et moins sociale que politique.
Isolée dans une France hostile, liquidation du mouvement au cours de la "semaine sanglante" (21-28mai): 20000 personnes fusillées etc. "Saint Thiers a pour ces abominables scélérats des tendresses paternelles" La Comtesse de Ségur.
Cet échec témoigne du fait que Paris ne peut plus imposer aux Français un régime de son choix. Paradoxalement, cela a permis de montrer que la République était aussi un régime d'ordre comme la montré Thiers, une contribution à l'enracinement républicain. De plus, les élections partielles de juillet donnent 99/114 places aux Républicains.


D. La République des Ducs 
Thiers crée le titre de "Président de la République" en 1870, c'est un symbole de libert, de paix et de sagesse bourgeoise, un ténor orléaniste. Mais il est victime de son succès et est contraint à démissionner en 1873.

1. L'ordre moral (24mai1873 - 20février1876)
Mac Mahon président légitimiste désigne le duc de Broglie, orléaniste, en vice président.
Déficit de sympathie + vague cléricale catholique laisse planer le doute d'une restauration intégrale. Politique répressive menée par l'Ordre Moral qui entrave les mouvements civils. Mais cette restauration échoue malgré la réconciliation entre les deux branches (Bourbon, Orléans): l'opposition de Bismarck et le risque d'entrer en guerre, la question du drapeau ont été des obstacles infranchissables par ex.
Adoption du septenat le 20nov1873 pour ménager l'avenir à longue échéance.
Coalition légitimistes-républicains, Broglie tombe en 1874. Enracinement encore plus profond de la République, notamment grâce à Gambetta qui a su montrer à la paysannerie les avantages d'une Rep modérée même si les radicaux progressent à l'intérieur du camp rép.

2. Les lois constitutionnelles de 1875
Rapprochement des centres (orléanistes et libéralistes) --> sortie des lois constitutionnelles de la IIIRép + loi sur la liberté de l'enseignement supérieur. 30janvier1875: amendement Wallon qui assoit le nom de "Président de la République". Constitution incomplète. Caractère orléaniste du régime, équilibrage des pouvoirs. Contestations monarchistes.

3. L'offensive républicaine (1876-77)
Naissance d'une propagande. L'Eglise comme une menace pour l'Etat (menace une France internationale, son enseignement et par son anti citoyenneté).
Prise de conscience et entrée de nouveaux électeurs qui donnent leur soutien petit à petit à la République "centre gauche paysannesque". Les élections sont d'ailleurs concluantes pour le camp républicain.
Le 4mai1877 Gambetta s'exclame "le cléricalisme, voilà l'ennemi". Dissolution de l'Assemblée par Mac Mahon. Campagne électorale de 1877 face à une droite qui joue sa dernière carte, grande unité chez les Rep "discipline républicaine". Il y a le sentiment de renouer avec les valeurs du Serment du jeu de Paume. Malgré tout, les Républicains reculent mais persistent. Soumission de Mac Mahon.
Marginalisation de la droite monarchique et des catholiques tout comme l'extrême gauche.  En janvier 1879, les rép obtiennent la majorité au Sénat, démission de Mac Mahon, succession par Jules Grévy: c'est le début de la laïcisation de la République.