COURS
N°1 : ANALYSE DES PLANS
Plan ? Unité de montage entre 2 collures (comme phrase
en littérature)
≠ prise (unité de tournage)
→ Plans = synthèse : split-screen, fondu enchaîné, truc
de substitution, trucage numérique
I/
L’espace dans le plan
a)
Cadre
/ cadrage
Cadre : éliminat°
d’une partie du monde au profit d’une autre : éliminat° du hors-cadre (= ensemble de l’équipe technique)
Cadre vient du domaine de la peinture → analyse de
la compo. de l’image comme un tableau
→ format de
l’image = rapport largeur / hauteur (1,33 ; 1,66 ; 2,35)
→ centrage,
décadrage
→ bords =
surcadrage
→ lignes de
force
→
répartition des masses
b)
La
disposition des plans
Valeur de plan (= échelle
de plan) : PL, PE, PM, PA, PR, PTR, GP, TGP
Hauteur de plan :
plongée, hauteur O, contre-plongée
Angle de prise de vue :
face (permet aux êtres d’exister), profil (magnifie), dos (mystère)
c)
Le
champ
Champ = partie du monde
diégétique vu par la caméra
≠ Hors-champ →
entrée/sorties de champ + regards hors-champ : obligent à imaginer le
hors-champ
Þ sert
à construire des effets dramatiques
Þ sert
à construire des effets idéologiques (ce qui est montré ds le chp : ce qui
a le droit à l’existence → gentils
occupent le chp, méchants arrivent pour l’envahir)
Documentaires : fonction didactique → effet
de réel (quand on voit ces images, ce qui nous
touche, c’est de savoir que cela a réellement existé) ≠
effet de réalité (on sait que ce n’est pas vrai ≠
on imagine
que c’est vrai)
II/
La temporalité du plan
a)
La
durée du plan
Vitesse de projection :
24 images/sec. (1 image = photogramme)
→ Durée
minimale : 1/24ème de sec. =
image subliminale)
→ Plan visible dès 4 photogrammes
→ Durée
maximale : batterie de la caméra ou taille de la bobine (avant : 10mn
≠ auj : 2h30)
→
Plan-séquence : séquence (= unité narrative)
filmée en un seul plan = recherche de la virtuosité
b)
Enregistrement
du temps
Propre de l’art cinématographique : enregistrer du
temps, le prendre à la réalité
Cinéma = invent° scientifique (répond à une volonté
d’analyser le mouvement)≠
fait une synthèse du mouvement : ne permet pas l’analyse
Þ
invent° esthétique : montrer la grandeur, la beauté, l’intensité, l’émot°
des mouvements
Cinéma fabrique : « image-mouvement » (Gilles Deleuze)
1895 :
2nde rév° industrielle : monde s’accélère
→
cinéma : dimension pol, éco, soc, …
→ 1er
genre pdt lgtps : burlesque = filme le mouvement
Cinéma fabrique : « image-temps » (Gilles Deleuze)
→ donne à voir non pas du mouvement, mais une coexistence de
durées différentes
III/
Le montage des plans
a)
Continuité
spatio-temporelle
Faire varier les cadrages, les axes, en donnant l’illusion
de la continuité
→ Raccords de personnages, de vêtements, d’objets, …
(réalisé par la script)
→ Raccords de montage : mis aux points de
façon empirique par réalisateurs et monteurs jusqu’en
1920 : donner l’impression qu’il n’y a pas
de montage
raccords de direct° (plan [A] → plan [B])
raccords de geste ([début du geste] → [fin du
geste])
raccords regard (champ contre champ)
raccords dans l’axe (caméra sur le même axe,
mais plus près)
Þ
règles du montage narratif : montage
« transparent » ou « invisible »
(=
dimension idéologique : idéologie libérale)
→
repose sur 2 illusions : illusion d’un monde logique, d’une continuité + illusion de la conscience du monde qui nous entoure
b)
Discontinuité
spatio-temporelle
Faire prendre conscience que le film
est monté, qu’il y a un dispositif =
montage discursif
→ Montage parallèle : A/B/A/B (pas de relations ni
chrono, ni temporelles)
→ Montage alterné : A/B/A/B (relation de simultanéité)
→ Modification
chronologique : flash-back ou flash-forward
Þ montage discursif montre que
la vie est faite de ruptures compliquées, grâce à trois procédés (qui apparaissent aussi dans
le cinéma narratif : montre que le ciné narr. est aussi conscient de la discontinuité
CCL : Considérer le plan comme l’unité minimale du cinéma, comme
une phrase, repose sur l’idée que le sens du film vient du plan ≠ Peut-être que
le sens du film vient du montage de plusieurs plans ; et peut-être que
l’image cinématographique échappe au mot : les mots trahissent les images,
on ne peut pas les décrire → mode de la pensée cinématographique n’est pas le
mode de la pensée littéraire (Cf. Daniel Arasse : Histoire de
peinture : peinture = cinéma Þ tout ce qu’on peut en dire n’épuise pas l’image)